samedi 22 avril 2017

K comme...

Cette semaine nous traiterons du cas du K. 11ème lettre de l'alphabet, premier 10 au scrabble mais, surtout, pour ce qui nous intéresse, joli réservoir de belles valeurs musicales. Et donc un Zornophage tous azimuts avec du metal, du jazz, de la chanson d'chez nous, et plus encore. Un bon gros paquet avec son lot de surprises et de dévouvertes, sans doute. Enjoie !

K comme...
KAADA/PATTON "Romances" (2004)
Floatin' in a Dream

Rien n'arrête décidément le sieur Mike Patton. Bien loin l'époque où il laissait sa voix à Faith No More, passant alors dans l'ombre son travail au sein de Mr. Bungle. Il multiplie depuis groupes et collaborations. Fantômas, Tomahawk, Lovage avec Dan The Automator ou pour le “Medúlla” de Björk, le voici au côté du norvégien John Erik Kaada pour de bien belles “Romances”.
La voix si caractéristique de Mike Patton, à la fois crooner sincère et dérangé, vient se poser sur les mélodies et arrangements néo-romantiques de Kaada. Parfois un peu cheap comme une animation de bal, volontairement bancal, ce dernier expérimente une musique synthétique pourtant inspirée du classique (Malher, Chopin, Liszt ou Brahms) et qui n'est pas sans rappeler les premières amours de Goldfrapp.
On se sent alors nager dans un drôle de liquide, limpide, un peu froid et parfois un peu inquiétant. Les voix sont multipliées, parfois modifiées ou harmonisées par de tremblants claviers. La palette de sons proposés est riche et originale : harpe, xylosquelette et pas mal de breloques et autres instruments ludiques. Le travail de Kaada pour le cinéma se ressent nettement dans cette collaboration, tant les images se bousculent nos têtes à l'écoute de cet album.
Avec cette aventure, Mike Patton nous présente un nouveau camarade de jeu des plus intéressants. Dans cette rencontre, les deux hommes laissent libre court à leurs imaginations et expérimentations pour une belle histoire. On en resterait presque médusé.
(wqw in Indie Pop Rock)

1. Invocation 2:53
2. Pitié Pour Mes Larmes 5:31
3. Aubade 11:17
4. L'absent 3:04
5. Crépuscule 4:10
6. Viens, Les Gazons Sont Verts 6:59
7. Seule 5:58
8. Pensée des Morts 4:37
9. Nuit Silencieuse 3:19

John Erik Kaada - composer, mixing, various instruments
Mike Patton - composer, mixing, various instruments, vocals
&
Gjertrud Pedersen - bass clarinet
Øyvind Storesund - Bass Guitar
Geir Sundstøl - steel guitar
Erland Dahlen, Børge Fjordheim - drums


K comme...
KARMA TO BURN "Appalachian Incantation" (2010)
Heavy road

S'il y a un style musical qui se prête au randonnées motorisées dans les grands espaces nord-américains, c'est bien le stoner rock, hybride psychédélique de rifferies hard rock early-seventisantes et d'énergie contemporaine. Trop souvent, hélas, il y a un chanteur qui vient parasiter le cocktail électriques de ses insupportables éructations, problème qui ne se pose pas avec les excellents ouest-virginiens de Karma to Burn.
Le choix du (presque) tout artistique n'est pas chez eux un pis-aller mais bien une décision artistique mûrement réfléchie qui leur occasionna d'ailleurs de se voir remercier par le label américano-batavo-nippon Roadrunner Records, non sans s'être d'abord laissés convaincre d'engager un vocaliste avant de bientôt le remercier pour revenir à leur formule originelle. Grand bien leur en prit tant l'art du "riff à rouler" est hardiment maîtrisé par ces trois preux chevaliers gavés d'électricité et de poussière. C'est particulièrement évident sur ce 4ème album, le troisième dans la présente formule donc, et encore plus dans la présente édition supplémentée du délicieux EP, Cat Got Our Tongue.
Comme à leur habitude, Mecum, Mullins et Oswald ne se prennent pas le chou à chercher des titres à leurs pièces, ils les numérotent ! Ca permet, l'air de rien, de juger de l'âge de ladite composition et d'ainsi définir que si Appalachian Incantation se constitue de matériau récent (outre un Twenty-Four qui doit tourner depuis longtemps dans les doigts), le EP propose un retour sur des temps plus anciens quoique les enregistrements soient modernes (de 2009 comme l'album). Musicalement, si l'immense majorité des titre est instrumentale, ce n'est pas pour autant qu'il ne s'agisse pas de vraies chansons parce qu'ici la guitare, soutenue par une solidissime section rythmique, a autant le rôle d'usine à riff (ce qu'elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'enthousiasme) mais aussi celui de créateur mélodique qu'aurait habituellement le chant. Comme William Mecum, guitariste du trio, est un inventeur, adaptateur, recycleur hors pair de riffs et un soliste pas manchot, comme en plus le dynamisme général d'une musique parfaitement produite contribue à écarter tout risque de manque d'expression vocale, on est facilement emporté, dodelinant du chef et s'imaginant, cheveux au vent (pour ceux qui en ont encore !) chevauchant fièrement une grosse cylindrée à deux roues, une jolie blonde aux formes généreuses en croupe.
Comme si ça ne suffisait pas, En cerise sur un gâteau pourtant déjà fort alléchant, nous avons le droit à deux "vraies" chansons. Une sur l'album, avec le vocaliste de Year Long Disaster, le possédé Daniel Davies, l'autre sur Cat Got Our Tongue avec le légendaire John Garcia (Kyuss, Hermano, Slo-Burn, etc.), toutes les deux très bonnes et, pour le coup, bienvenues en variatrices d'ambiances de première bourre.
Depuis leur mue instrumentale, chaque album de Karma to Burn mérite l'attention des amateurs de rock gras, costaud mais pas sans finesse, Appalachian Incantations ne fait en aucun cas exception et, même, dans cette version si glorieusement bonussée, mérite la priorité parce que, au risque de me répéter, si vous aimez la guitare qui riffe d'aise, les experts sont bel et bien là.

1. Forty-Four 5:11
2. Forty-Two 3:58
3. Forty-One 4:57
4. Forty-Six 3:13
5. Waiting on the Western World 5:42
6. Forty-Three 4:43
7. Forty-Five 6:36
8. Twenty-Four 3:44

Cat Got Our Tongue EP,
Limited Edition bonus disc
1. Two Times 4:53
2. Fourteen 5:05
3. Ten 2:55
4. Thirteen 4:16
5. Six 3:51
6. Twenty (2009 Re-recording) 3:33
7. Thirty (2009 Re-recording) 3:36

William Mecum – guitar
Rich Mullins – bass
Rob Oswald – drums
&
Daniel Davies - vocals (Waiting on the Western World)
John Garcia - vocals (Two Times)


K comme...
KERSHAW, NIK "The Riddle" (1984)
Synth Idol

C'est un peu le syndrome Howard Jones part II, un beau gars avec le look, les chansons et les arrangements qui collent au plus près des goûts d'alors... Sauf que Nik Kershaw a sans doute beaucoup plus à dire et ne cache que maladroitement (youpi !) des racines qui viennent d'avant, quand les synthétiseurs étaient déjà rois mais que les cheveux étaient longs et les chansons itou.
Parce qu'il y a, chez Nik, plus que chez tout autre représentant de la hype générationnelle, une écriture d'un extrême classicisme qui, malgré des arrangements tout à fait de leur époque, reste immensément détectable, en plus d'un bon goût compositionnel qu'il est temps de démontrer. Ca commence en fait dès Don Quixote qui, malgré ses boîtes à rythmes, sa basse funky et ses cuivres synthétiques est nettement plus substantiel et cherché que la moyenne synthpop des octantes, et tant pis si un refrain un peu léger et d'hispanisants oripeaux pas forcément toujours du meilleur effet viennent légèrement noircir le tableau, on est nettement plus dans la tradition d'un Peter Gabriel, d'un Brian Eno voire d'un Robert Fripp que dans une bête relecture pop des préceptes kraftwerkiens. A partir de là, il n'y a pas de surprise à constater que la palette de Kershaw, d'un poil de rock à guitares comme dans You Might ou Wide Boy, d'une esthétique new wave classieuse pas sans rappeler le Japan de David Sylvian (Wild Horses, Save the Whale... jusque dans le maniérisme mélodique du chant de Nik), d'un petit détour vers la Jamaïque (Roses et ses accents reggae bien gérés) ou, évidemment !, d'une adaptation maline d'influences celtiques bienvenues justement couronnée de succès (The Riddle, énorme tube !), a un arsenal à sa disposition que peu des ses condisciples peuvent revendiquer et qui n'est que confirmée dans les inédits de cette version Deluxe dont le délicieux piano/voix So Quiet.
Tout ça pour de la musique légère à visée ouvertement commerciale se morfondront certains. Et alors ? Quand c'est aussi bien fait, et à condition de pouvoir encaisser les différents gimmicks 80s forcément présents, il n'y a pas à bouder son plaisir.

CD 1 - Album
1. Don Quixote 4:55
2. Know How 4:52
3. You Might 3:17
4. Wild Horses 3:59
5. Easy 4:13
6. The Riddle 3:52
7. City of Angels 3:56
8. Roses 3:58
9. Wide Boy 3:28
10. Save the Whale 6:02

CD 2 - Bonus
1. Roses (Live) 4:45
2. The Riddle (Extended) 5:12
3. Know How (Live) 4:54
4. Don Quixote (Extra Special Long Mix) 8:44
5. City Of Angels (Live) 3:59
6. So Quiet 3:13
7. Wild Horses (Live) 3:59
8. Wide Boy (Extended Mix) 5:10
9. You Might (Live) 3:31
10. Don't Lie 3:55
11. Save The Whale (Live) 6:05


K comme...
KENT "Tous les Hommes" (1991)
En Chanson

Ayant Starshooterisé quelques années avant d'entreprendre une carrière solitaire, c'est un Kent presque méconnaissable qui, en 1991, termine sa mue par un joli album de chansons françaises à l'ancienne, Tous les Hommes. Parce que la transformation du punk à rire en disciple de Brel ne s'est pas faite en un jour et que, jusqu'à Le Mur du Son (1987), c'est encore ripoliné au jeunisme que son répertoire se présente. Et puis A Nos Amours, 1990, et Tous les Hommes surtout, et pas seulement pour son gros tube mérité (Tous les Mômes) et un Kent nouveau qui assume son plaisir à faire comme avant avec le flair d'aujourd'hui, une sorte d'avant-garde de la nouvelle chansons française, en somme. A partir de là, de belles instrumentations permettant d'entendre, pêle-mêle, accordéons, scies musicales ou vibraphones sur des compositions de qualité arrangées aux petits oignons avec, certes, quelques morceaux, surtout vers la fin, glissant trop vers la chanson-rock dont Kent s'était si gracieusement défait sur le reste de l'opus, font de Tous les Hommes la véritable pierre philosophale de ce Kent tout nouveau tout beau qui, depuis, a largement confirmé les belles dispositions dans lesquelles il s'affiche ici. En résumé ? Un bon parolier et mélodiste, une nouvelle voie qui lui colle à merveille à la peau (et à la voix) pour un album évidemment recommandé à tous les amateurs de chanson française intemporelle de qualité, c'en est.

1. Tous Les Mômes 4:35
2. Au Revoir, Adieu 3:35
3. Je Suis un Kilomètre 3:30
4. On Fait c'Qu'On Peut 3:10
5. L'Idole Exemplaire 2:58
6. Au Fond des Bermudes 3:37
7. Ni Plus, Ni Moins 3:32
8. Montréal 3:29
9. Illusion d'Optique 4:15
10. Chienne de Vie 4:20
11. J'Aime Bien Mourir un Jour 3:11
12. L'Homme Est une Erreur 3:45

Kent - chant, guitare
Arnaud Méthivier - accordéon
Marc Perrier - basse
Pierre Mortarelli - contrebasse
Manu Lacordaire - batterie, percussions
Jacques Bastello - guitare, chœurs
Michel Marin - saxophone, harmonica
Sipolo (1, 6) - scie musicale
François Bréant (1, 3) - vibraphone


K comme...
KENTON, STAN "Eight Classic Albums" (2011)
Swinging for WASPs

Un ponte du swing blanc dans une Amérique qui aime à s'encanailler sur les pistes de danse mais pas encore à se mélanger avec des individus à la peau sombre pourtant créateurs du genre, Stan Kenton qu'il s'appelle le gars au sourire allbright et, au costard tiré à quatre épingles et à la coupe bien dégagée autour des oreilles, un petit gars qui présente bien.
Chez nous, où les peaux sombres précitées sont souvent venu se réfugier du ségrégationisme de leur mère patrie, Stan Kenton est pour ainsi dire un inconnu et pourtant, quel talent, quel swing ! En tant que leader de son propre Big Band ou comme le pianiste virtuose qu'il fut, Stan s'y entendait pour faire secouer maints fessiers blancs en de trémoussantes bacchanales, ce que démontre aisément la sélection de 8 albums contenu dans le coffret un peu beaucoup cheap mais pas inutile où, cependant, contrairement à son titre, tout n'est pas exactement classique. En effet, si les galettes instrumentales dévouées à son Big Bang et au bon gros swing qu'il savait produire s'écoutent telles que les délicieuses sucreries jazzy qu'elles sont, celles qui incluent des vocaux et/où glissent vers la musique d'ascenseur (The Ballad Style, quelle purge !) sont nettement moins enthousiasmantes. Comme ça représente tout de même la moitié de la proposition, on peine à considérer le coffret comme une pleine réussite. Ceci dit, l'autre moitié, le VRAI classique Sketches on Standards en tête, avec ses rutilants big-bands ô combien bien menés et arrangés, rattrape largement le coup et fait de l'objet une incontestable trouvaille en plus d'un petit morceau de l'histoire du jazz blanc américain.
Pour la petite histoire, on dit que Kenton n'aurait pas beaucoup apprécié que, en 1956, les critiques du magazine Down Beat livrent l'entièreté de leurs awards à des musiciens noirs, s'en suivirent des accusations de racisme toujours démenties par un Kenton répliquant qui travaillait régulièrement avec des instrumentistes afro-américains. Quoique cette petite anecdote révèle sur la personnalité de cette figure du jazz américain des années 50, sa musique pour Big Band reste chaudement recommandée.

CD 1
- Sketches on Standards (1953)
1. Sophsticated Lady 3:15
2. Begin The Beguine 3:02
3. Loverman 2:48
4. Pennies From Heaven 2:57
5. Over The Rainbow 3:03
6. Fascinatin' Rhythm 2:42
7. There's A Small Hotel 2:43
8. Shadow Waltz 2:34
9. Harlem Nocturne 3:08
10. Stella By Starlight 3:18
11. Dark Eyes 2:13
12. Malaguena 2:32
13. Spring Is Here 3:21
14. I'm Glad There Is You 4:15
- With Voices (1957)
15. Dancing In The Dark 2:04
16. Sophisticated Lady 2:32
17. Softly 2:59
18. Eager Beaver 3:29
19. Women Usually Do 2:44
20. After You 3:22
21. Temptation 2:28
22. Walk Softly 2:52
23. Opus In Chartreuse 2:58
24. All About Ronnie 3:03
25. Interlude 2:36
26. Lullaby Of The Leaves 2:00

CD 2
- Duet (with June Christy) (1955)
1. Ev'rytime We Say Goodbye 3:52
2. Lonely Woman 5:57
3. Just The Way I Am 3:56
4. You're Mine, You 3:13
5. Angel Eyes 4:22
6. Come To The Party 3:13
7. Baby, Baby All The Time 2:22
8. We Kiss In A Shadow 1:57
9. How Long Has This Been Going On 4:59
- Two Much (with Ann Richards) (1960)
10. It's A Wonderful World 4:08
11. The Morning After 4:13
12. I Was The Last One To 4:05
13. My Kinda Love 4:48
14. I Got Rhythm 4:17
15. No Moon At All 4:50
16. Don't Be That Way 3:59
17. Suddenly I'm Sad 4:21
18. Nobody Like My Baby 3:20
19. All Or Nothing At All 4:04

CD 3
- Standards in Silhouettes (1959)
1. Willow Weep For Me 5:51
2. The Thrill Is Gone 4:54
3. The Meaning Of The Blues 5:27
4. When Sunny Gets Blue 4:47
5. Ill Wind 5:26
6. Django 5:03
7. I Get Along Without You Very Well 5:04
8. Lonely Women 5:32
- The Stage Door Swings (1958)
9. Lullaby Of Broadway 2:40
10. The Party's Over 2:56
11. Baubles, Bangles And Beads 2:43
12. Ev'ry Time We Say Goodbye 3:16
13. Whatever Lola Wants 2:27
14. Bali Ha'i 2:04
15. Hey There 2:30
16. Younger That Springtime 2:58
17. On The Street Where You Live 2:09
18. I Love Paris 2:27
19. I've Never Been In Love Before 3:13
20. All At Once You Love Her 2:36

CD 4
- Back to Balboa (1958)
1. The Big Chase 4:16
2. Rendezvous At Sunset 4:15
3. Speak Low 3:27
4. My Old Flame 4:02
5. Out Of This World 5:43
6. Begin The Beguine 3:41
7. Get Out Of Town 2:37
8. Royal Blue 5:50
9. I Concentrate On You 3:21
10. Beyond The Blue Horizon 3:32
- The Ballad Style of Stan Kenton (1958)
11. Then I'll Be Tired Of You 3:05
12. More Than You Know 3:19
13. When The Stars Looked Down 2:50
14. The End Of A Love Affair 2:50
15. A Sunday Kind Of Love 3:32
16. Moon Song 3:08
17. Early Autumn 3:32
18. How Am I To Know? 3:26
19. The Things We Did Last Summer 3:17
20. We'll Be Together Again 3:09
21. How Deep Is The Ocean 3:11
22. The Night We Call It A Day 2:37


K comme...
KING'S X "Gretchen Goes to Nebraska" (1989)
Black Sheep in the Family

Dans le genre atypique, adulé par la presse et quelques afficionados mais largement, honteusement !, négligé par la masse chevelue des adorateurs de hard'n'heavy, culte quoi !, King's X se pose un peu là !
Pensez, un trio, mené par un chanteur/bassiste black arborant un coupe iroquoise (Doug Pinnick, qui abandonnera sa foi et fera son coming-out bien des années plus tard), aimant autant les riffs qu'une certaine idée du groove ou que les chœurs à la Beatles... Le cul entre tellement de chaises que l'équilibre, le potentiel commercial, la "vendabilité", en devient plus qu'instable, carrément précaire !
Mais la qualité est là, aucun doute là dessus. Déjà parce que ces trois-là s'y entendent pour trousser une mélodie, ensuite parce que l'assemblage de leurs trois organes vocaux et de leurs dons respectifs d'instrumentistes, à ne surtout pas minimiser, fonctionne admirablement. Enfin parce que, innovant dans un genre qui se alors sclérose, irrémédiablement pense t'on, ils amènent une vraie bouffée d'air frais à une scène qui en avait que trop besoin. C'est sans doute là la confusion sur un groupe parfois assimilé au prog-metal quand, en fait, il fait progreser le metal, le hard rock, la nuance est de taille.
Sur l'album proprement dit, leur second, il est communément accepté qu'il s'agit d'une de leurs plus belles réussites, un opus magnifiquement joué, arrangé, produit où pas une chanson ne vient ternir le tableau. Un album nettement plus varié et maîtrisé que leur salve originelle aussi, om l'on croise pèle-mêle Black Sabbath, les Beatles, Sly & the Family Stone, Jimi Hendrix voire Crosby Stills Nash & Young, rien que ça ! Avec la vraie personnalité du power trio présentement très forte, concrétisant la fusion, évidemment. Typiquement, en fait, c'est le genre de galette qu'on conseillera à ceux qui se croient allergiques au hard'n'heavy alors qu'ils ne sont, tout simplement, pas encore tombés sur la bonne ouverture, la petite perle capable de tisser sa toile en improbable pont (drôle d'image). Elle est là, dans ce Gretchen Goes to Nebraska, secret trop bien gardé, merveilleux album, Grand Album !
Qu'importe, à partir de là, que l'album soit en fait un vague concept christiano-compatible bâti autour d'une nouvelle écrite par le batteur (incluse au livret), Jerry Gaskill, quoique ceci contribue probablement à la profondeur de l'album, tout ça à trois, c'est fort, très très fort.. Et très chaudement recommandé, forcément !

1. Out of the Silent Planet 5:44
2. Over My Head 4:47
3. Summerland 3:17
4. Everybody Knows a Little Bit of Something 3:57
5. The Difference (In the Garden of St. Anne's-on-the-Hill) 3:08
6. I'll Never Be the Same 4:56
7. Mission 5:01
8. Fall on Me 4:05
9. Pleiades 4:41
10. Don't Believe It (It's Easier Said Than Done) 3:07
11. Send a Message 4:02
12. The Burning Down 5:35

Doug Pinnick – lead vocals, bass
Ty Tabor – guitar, vocals
Jerry Gaskill – drums, vocals


K comme...
KRAFTWERK "Trans-Europe Express" (1977)
Electroprogression

A mater les gueules de premiers communiants des 4 teutons on pourrait croire qu'on a affaire à de la pop chrétienne ou autre ringarderie crétine du genre... Si on ne connait pas Kraftwerk, qui n'en sont plus alors à leurs premiers coups d'éclat, bien sûr. Coup de bol parce qu'un visuel pareil pour un premier album, c'eût été la cata assurée.
Au lieu de ça, Trans-Europe Express, sixième album des quatre de Düsseldorf, loin des explorations art-rock des trois premiers albums du début des années 70, est l'archétypale réussite d'une approche toute électronique entamée avec Autobahn (1974), qui tiendra le monde en haleine jusqu'au début des années 80 (Computer World, 1981) avant de se voir rattrapé par l'actualité et d'y perdre son particularisme, son unicité. Présentement, tout va encore très bien et Kraftwerk, fermement mené par la paire Ralf Hütter/Florian Schneider, produit une musique électronique jamais aussi abordable et mélodique qu'ici. Et tubesque avec un Showroom Dummies, un Trans-Europe Express ou un Metal on Metal/Abzug (ici séparés) et leur irrésistibles hooks dont les échos s'entendent jusque dans l'électro-pop et la dance music d'aujourd'hui, et un petit tour de force avec l'hommage à Franz Schubert, etc.
Etc. parce que tout l'album est un tour de force de mélodie et de minimalisme et, osons !, le sommet de l'aeuvre de Kraftwerk qui n'en manque pourtant pas. Alors, évidemment, il y a la pochette repoussoir (heureusement masquée dans l'édition remasterisée de 2009 ici commentée), c'est bien le seul défaut d'un album sans faille d'une formation alors au sommet de son art.

1. Europe Endless 9:40
2. The Hall of Mirrors 7:56
3. Showroom Dummies 6:15
4. Trans-Europe Express 6:52
5. Metal on Metal 2:11
6. Abzug 4:54
7. Franz Schubert 4:26
8. Endless Endless 0:55

Ralf Hütter - voice, synthesizer, orchestron, synthanorma-sequenzer, electronics, producer
Florian Schneider - voice, vocoder, votrax, synthesizer, electronics, producer
Karl Bartos - electronic percussion
Wolfgang Flür - electronic percussion


dimanche 16 avril 2017

J comme...

Quoique le calendrier semble impliquer, vous ne trouverez pas d'oeufs dans la J-sélection, juste une belle poignée d'albums à découvrir si ce n'est pas encore fait, vous pouvez y aller en confiance, le Zornophage ne prend jamais ses ouailles pour des oies blanches ! Enjoie.

J comme...
JACNO "Tant de Temps" (2006)
L'homme de l'ombre

Pour la plupart des gens, Jacno ( de son vrai nom Denis Quilliard), restera le fondateur des Stinky Toys et ex-compagnon d'Elli Medeiros, peu connaissant - il faut bien en convenir - les sept albums constituant sa discographie solitaire. C'est dommage et ce ne sont hélas pas les participations trop peu souvent publicisées à l'écriture ou à la production de bon nombre d'albums d'autres artistes (de Paul Personne à Daho en passant par Higelin, et j'en passe...) qui répareront cette injustice. Aimé de ses pairs, qui surent recourir à ses talents, mais méconnu du grand public, Jacno nous a quitté il y a plus d'un an maintenant... Déjà.
Tant de Temps, ultime album de son parcours d'homme de l'ombre, ne surprendra pas ceux qui le connaissent. On y retrouve le sens inné de l'ironie de sa plume et cette musique qu'il serait aisé de qualifier de rétro-80's si son auteur n'avait tant contribué à l'installer en France à l'époque. Evidemment, Jacno n'étant pas exactement un chanteur, il a eu l'intelligence de ne pas tenter plus que son registre naturel ne lui permettait d'essayer quitte à avoir recours - en guise d'habillage - à quelques guests venus le seconder. C'est aussi l'occasion d'inviter quelques vieilles connaissances à contribuer comme c'est le cas de Paul Personne (solo de guitare sur deux titres), Thomas Dutronc (guitare nylon sur deux titres aussi), Etienne Daho ou des indie-popsters berlinois de Stereo Total (respectivement pour un duo de « grandes voix » sur le morceau éponyme et le succulent Mars Rendez-Vous), toutes ces participations contribuant à la dynamique et l'efficacité d'un album réussi.
Affichant un optimisme de façade qui cache mal un profond désespoir, Tant de Temps, album d'adieux involontaires, ne nous fait que regretter encore plus d'avoir perdu un personnage trop souvent pris à la légère quand les échos de son travail continuent de résonner et continueront longtemps.

1. Tous ces mots-là 4:18
2. Le Sport 4:01
3. Tant de temps 4:42
4. T’es mon château 4:20
5. L’Homme de l'ombre 5:00
6. Les amants, les clients 3:24
7. Si je te quitte 3:11
8. Avec les yeux 4:40
9. Baiser empoisonné 5:10
10. Mars rendez-vous 4:06
11. Code 68 4:21

Denis Jacno: chant, guitare, piano
Tarik Benouarka: batterie, percussion, programmations
Emmanuel Denis: claviers, piano, programmations
- Stereo Total (piste 10):
Françoise Cactus: batterie, chant
Brezel Göring: claviers, chant
- Autres invités:
Paul Personne: guitare solo (3, 5)
Agnès Fourtinon: choeurs (2, 4, 5, 9)
Yacine Mekaoui: choeurs (8, 9)
Etienne Daho: chant (3)
Pascal Mulot: basse (9)
Françoise Cactus: choeurs (1, 2)
Thomas Dutronc: guitare nylon (8, 9)


J comme...
JANSCH, BERT "Jack Orion" (1966)
Jansch aux origines

Si ses deux premiers albums avaient étalé sa jolie plume sur des albums devant tout de même beaucoup aux chansons traditionnelles qui l'avaient tant influencé, sur Jack Orion, Bert Jansch décide carrément de s'attaquer au "répertoire", grand bien lui fasse, c'est tout à notre bénéfice. D'autant que John Renbourn, son futur partenaire en duo mais aussi dans l'excellent Pentangle, le rejoint sur quatre sélections. Alors, forcément, l'instrumentation est minimaliste, guitare, banjo et voix, rien de plus, mais comme le monsieur est un précieux virtuose, de ceux qui savent ne jamais trop en faire, que les morceaux choisis sont non seulement bons mais excellemment menés, que ce soient de crépitants instrumentaux comme The Waggoner's Lad et Henry Martin, de plaisants jeux d'arpèges comme le délicat The First Time Ever I Saw Your Face, ou de belles chansons anciennes que Jansch ne cherche surtout pas à moderniser (le reste de l'opus), l'album satisfera l'amateur de folk désossée, dégraissée et fait de ce troisième album d'une carrière que l'on conseille fortement d'explorer, une jolie réussite d'album "feu de camp" chaudement recommandé.

1. The Waggoner's Lad 3:32
2. The First Time Ever I Saw Your Face 1:45
3. Jack Orion 9:50
4. The Gardener 1:40
5. Nottamun Town 4:30
6. Henry Martin 3:17
7. Blackwaterside 3:49
8. Pretty Polly 4:07

Bert Jansch - vocals, guitar, banjo
&
John Renbourn - guitar


J comme...
JAPAN "Tin Drum" (1981)
Japan in China

Entre infuse japanité, classe New Wave inégalée et progressisme diffus, Tin Drum est le plus passionnant album de Japan. C'est aussi celui qui les vit tirer leur révérence...
Ainsi retrouve-t-on intact cet art consommé de funker blanc épicé de nouvelles saveurs en plus des recettes déjà éprouvées. Aussi, étonnamment, cette production si typiquement 80s, de celles qui nous fait grincer les dents devant tant de mauvais goût, ne gâche rien et participe - au contraire ! - à l'habillage classieux et juste froid ce qu'il faut pour qu'on l'admire telle l'admirable création qu'il est.
Il est d'autant plus rageant de penser que, à l'instar de ce que Synchronicity pour The Police, une mirifique suite à cet étonnante musique aurait pu venir bénir nous conduits auditifs. Que nenni ! Sauf à penser que Sylvian, en solo, est la suite logique de Japan... Pas que je ne me sens pas encore prêt à franchir tant il est vrai que le mysticisme un poil niaiseux de l'aimable David est loin de pouvoir rivaliser avec la nature quasi-divine de ce Japan finissant.
Que je vous ai convaincu ou pas de l'obligatoire détour qu'il faut faire par cet album, je n'ai plus rien à dire sur un sujet dont l'absolue beauté me laisse coi.

1. The Art of Parties 4:09
2. Talking Drum 3:34
3. Ghosts 4:33
4. Canton 5:30
5. Still Life in Mobile Homes 5:32
6. Visions of China 3:37
7. Sons of Pioneers 7:07
8. Cantonese Boy 3:44

David Sylvian – vocals, guitar, keyboards & keyboard programming, tapes
Mick Karn – fretless bass guitar, African flute, dida
Steve Jansen – drums, acoustic, electronic & keyboard percussion
Richard Barbieri – keyboards & keyboard programming, tapes
&
Yuka Fujii – backing vocals
Simon House – violin


J comme...
JAWBOX "Jawbox" (1996)
Jawbreaker

Premier album chez une major après un impeccable parcours indépendant, l'éponyme de 1996 de Jawbox sera aussi, hélas, le dernier opus d'une formation si talentueuse dans son expression post-punkoïde fine et forte qu'elle ne pouvait que manquer une fois son destin plié. En l'occurrence, c'est un Jawbox plus abordable, plus pop qui se présente pour ce début "grand-public" mais c'est, en vérité, surtout du fait de la production proprette de John Agnello parce que, sinon, on reconnait et apprécie toujours autant ce quatuor qui semble jouer "à l'aveugle" tant il se connait. Un quatuor qui n'a pas décidé d'édulcorer son propos pour attirer les foules et qui, du coup, ne les attirera pas, dommage. Dommage parce que c'est d'une sorte de Nirvana débarrassé des derniers oripeaux d'une encombrante adolescence dont il s'agit, un groupe qui sait certes trousser de la mélodie mais ne se départit pas pour autant de ses acquis post-hardcore (ha ! ces riffs !) de textes parfois difficiles (surtout parce qu'ils tranchent avec l'américanisme glorieux de leur compatriotes) et n'est pas tant en colère qu'en révolte, ce qui est plus sourd, moins immédiatement fédérateur. un groupe, enfin, qui fait vraiment de la musique, construit ses chansons comme autant de précieuses petites miniatures post-punk... Enorme ! Sans doute cette musique, plus infectieuse qu'accrocheuse, n'était-elle pas faite pour trôner sur les hit-parades, n'empêche quel énorme gâchis de talent surtout quand le subsidiaire d'Atlantic chez qui ils ont signé les remercie, leur mettant le bon gros coup sur le carafon qui les poussera à plier les gaules... Et sans doute une belle opportunité manquée au passage par le groupe et son label en planquant en piste fantôme l'excellente reprise du Cornflake Girl de Tori Amos... Bref, Jawbox est depuis devenu un groupe culte, un de ces nombreux trésors que la scène de Washington DC (on citera aussi Faraquet, The Dismemberment Plan ou Fugazi) aura offert au monde sans qu'il ne s'en soucie vraiment. Allez, séance de rattrapage pour tous !

1. Mirrorful 3:02
2. Livid 3:55
3. Iodine 3:35
4. His Only Trade 1:58
5. Chinese Fork Tie 2:29
6. Won't Come Off 2:46
7. Excandescent 4:25
8. Spoiler 2:28
9. Desert Sea 3:05
10. Empire of One 2:48
11. Mule/Stall 1:56
12. Nickel Nickel Millionaire 2:35
13. Capillary Life 3:22
14. Absenter 3:07
(15. Cornflake Girl 4:21)

J. Robbins - Vocals, electric guitar
Bill Barbot - Electric guitar, vocals
Kim Coletta - Bass guitar
Zachary Barocas - Drums


J comme...
JONES, ELVIN "Illumination/Dear John C." (1963/65)
Drum Machine

Deux albums de l'extraordinaire batteur Elvin Jones (1927-2004) pour le prix d'un, c'est la bonne occase proposée par le légendaire label Impulse!, comme en plus les deux albums, respectivement de 1963 et 1965, sont d'une fort belle qualité, il n'y a pas à hésiter longtemps avant de se plonger avec délectation dans un jazz millésimé et, en son temps, prospectif.
Premier des deux, Illuminations, sorti en 1963, propose le trio accompagnant Coltrane (Elvin, donc, mais aussi McCoy Tyner et Jimmy Garrison) augmenté de trois cuivres, parce qu'il fallait bien ça pour remplacer le volubile John ! Troisième album du batteur en tant que leader, poste partagé comme pour son prédécesseur, cette fois avec le bassiste Jimmy Garrison, le premier pour Impulse!, présente un jazz à la pointe de son époque, un jazz louvoyant entre hard bop et free jazz. C'est un album rare dont il s'agit, et pas seulement parce qu'il a longtemps, jusqu'à sa réédition de 1998, été absent des bacs. Un album rare parce qu'il exprime une expression d'un jazz en pleine transformation, en pleine libération même. Un album rare présentant un vrai groupe où chaque musicien, sauf Elvin, offre une belle composition (deux pour le saxophoniste Charles Davis) merveilleusement incarné en ces sessions par un sextet de pointures unies en un vertigineux unisson. En un mot comme en mille, une vraie réussite.
Le second, attribué au seul Elvin Jones, au titre rendant hommage à Coltrane sans qu'on ne l'entende jamais vraiment dans le son (ou dans les compositions dont aucune n'est du grand John), est habité par une énorme performance de l'altiste Charlie Mariano. Contrairement à son prédécesseur, Illuminations, ce n'est pas un album particulièrement prospectif puisque proposant, peu ou prou, le genre de hard bop alors en vogue sur une sélection de standards judicieusement choisis. Evidemment, Elvin y bat avec l'immense classe qu'on lui connaît sans jamais, alors qu'on pense avoir affaire à un album de batteur, sortir du cadre d'accompagnateur généralement pris par son instrument. De fait, on se dit que si son nom avait alors été plus proéminent, c'est Mariano, leader naturel ici, qui s'en serait vu attribué la paternité.
Deux beaux albums, leur artwork et littérature fidèlement reproduites dans le livret, d'une des plus intéressantes maisons de bouillonnantes années 60 ? Une proposition que, décemment, on ne peut rejeter. Recommandé.

CD 1
Illumination! (1963)
1. Nuttin' Out Jones 5:36
2. Oriental Flower 3:49
3. Half and Half 6:28
4. Aborigine Dance in Scotland 4:12
5. Gettin' on Way 5:14
6. Just Us Blues 5:55

CD 2
Dear John C. (1965)
1. Dear John C. 3:54
2. Smoke Rings 3:41
3. Love Bird 3:49
4. Feeling Good 4:11
5. Anthropology 4:20
6. This Love of Mine 4:20
7. Fantazm 3:56
8. Ballade 5:18
9. Everything Happens to Me 5:56

- Illumination! (1963)
Elvin Jones - drums
Jimmy Garrison - bass
McCoy Tyner - piano
Sonny Simmons - alto saxophone, English horn
Charles Davis - baritone saxophone
(William) Prince Lasha - clarinet, flute

- Dear John C. (1965)
Elvin Jones - drums
Charlie Mariano - alto saxophone
Roland Hanna (4, 5, 7); Hank Jones (1, 3, 8) - piano
Richard Davis - bass


J comme...
JOHNSON, ROBERT "The Complete Recordings_ The Centennial Collection" (1936/37)
Une révélation !

On savait déjà tout le bien qu'il fallait penser de Robert Johnson et, à l'écoute, on se rendait bien compte qu'il s'agissait là d'un bluesman important, d'un fin guitariste aussi qui continue d'agiter les musicologues de tous crins sur un prétendu impossible autodidactisme, d'un absolu à qui veut découvrir la note bleue en fin, mais, parce qu'il y a un mais, le grésillement d'enregistrements d'un autre temps gâchait un peu le plaisir... Et puis la Centennial Colection, une révélation !
Parce qu'ici, enfin !, on peut entendre toutes les finesses de six-cordiste du diable d'homme, parce que sa voix est restaurée comme jamais et vous file de ces frissons, j'vous dit pas ! Après, évidemment, comme tout le catalogue de Robert Johnson appartient au grands classique du genre (Sweet Home Chicago, Come On in My Kitchen, Ramblin' on My Mind, Crossroad Blues ou Traveling Riverside Blues un peu plus que les autres) c'est forcément une délectation de tous les instants.
Qu'on se le dise cependant, ce n'est toujours pas une version hi-fi, sans doute impossible à atteindre avec des sources si anciennes et compromises, mais une remise en son suffisamment notable et magistrale pour qu'on félicite les talentueux ingénieurs du son responsables du prodige, et qu'on conseille, sans même avoir à y réfléchir, la Centennial Edition des Complete Recordings de l'Homme qui aurait fait un pacte avec le Diable, à tous donc même à ceux qui ont déjà sa devancière. Oui, c'est à ce point !

CD 1
San Antonio Recordings
1. Kind Hearted Woman Blues 2:52
2. I Believe I'll Dust My Broom 2:59
3. Sweet Home Chicago 2:58
4. Ramblin' On My Mind 2:22
5. When You Got A Good Friend 2:37
6. Come On In My Kitchen 2:44
7. Terraplane Blues 3:00
8. Phonograph Blues 2:40
9. 32-20 Blues 2:50
10. They're Red Hot 2:58
11. Dead Shrimp Blues 2:31
12. Cross Road Blues 2:40
13. Walkin' Blues 2:30
14. Last Fair Deal Gone Down 2:38
15. Preachin' Blues (Up Jumped The Devil) 2:51
16. If I Had Possession Over Judgement Day 2:35
Alternates
17. Kind Hearted Woman Blues 2:30
18. Ramblin' On My Mind 2:51
19. When You Got A Good Friend 2:52
20. Come On In My Kitchen 2:52
21. Phonograph Blues 2:33
22. Cross Road Blues 2:32

CD 2
Dallas Recordings
1. Stones In My Passway 2:29
2. Steady Rollin' Man 2:37
3. From Four Until Late 2:24
4. Hell Hound On My Trail 2:37
5. Little Queen Of Spades 2:13
6. Malted Milk 2:22
7. Drunken Hearted Man 2:29
8. Me And The Devil Blues 2:35
9. Stop Breakin' Down Blues 2:23
10. Traveling Riverside Blues 2:40
11. Honeymoon Blues 2:18
12. Love In Vain Blues 2:18
13. Milkcow's Calf Blues 2:21
Alternates
14. Little Queen Of Spades 2:20
15. Drunken Hearted Man 2:27
16. Me And The Devil Blues 2:33
17. Stop Breakin' Down Blues 2:18
18. Traveling Riverside Blues 2:53
19. Love In Vain Blues 2:26
20. Milkcow's Calf Blues 2:18

Robert Johnson - vocals, guitar


J comme...
JUDAS PRIEST "Unleashed in the East" (1979)
Hara Kiri!

Après avoir enchainé quatre albums participant largement à la naissance de ce qu'il est désormais convenu de considérer comme le "vrai" Heavy Metal (Sad Wings Of Destiny, Sin After Sin, Stained Class et Killing Machine) avant de bientôt confirmer ces excellentes dispositions par un ô combien référentiel British Steel, Judas Priest se lance dans l'exercice de l'album live enregistré au japon tel que défini par Deep Purple quelques années plus tôt, mais en simple, et avec leur style à eux, la messe est bien différente.
Parce que, contrairement à leurs glorieux devanciers, Judas Priest ne fait pas dans l'improvisation à rallonge se contentant d'un rajout d'énergie à des versions sinon très proches de leurs équivalentes studio. L'autre différence majeure, là où Blackmore & Cie font du live, du vrai !, est l'usage massif d'overdubs notamment, de l'aveu de Rob Halford lui-même, des parties de chant entièrement réenregistrées en studio dans les conditions du live du fait d'une qualité d'enregistrement qui ne rendait pas justice au leader cuir et clous. Le résultat, s'il peut être appelé un faux live, est bluffant de puissance et de précision avec une tracklist ramassée (seulement neuf titres avec donc quelques notables absences), une sorte de best-of live incomplet en somme. Mais moins incomplet dans sa version remasterisée proposant les quatre titres bonus de l'édition japonaise originale mais, malheureusement, pas les deux faces B issues des mêmes concerts qui auraient tellement bien complété la fête (surtout Beyond the Realms of Death, cette immense chanson). Mais bon, on récupère déjà Rock Forever, Delivering the Gods, Hell Bent for Leather et Starbreaker, mieux que rien.
Judas Priest sortira d'autres albums live, aucun, cependant n'atteindra la quintessentielle intensité des enregistrement ici présents qui font d'Unleashed in the East une excellente introduction à l'art du groupe en plus d'un live référentiel et, forcément, recommandé.

1. Exciter 5:38
2. Running Wild 2:53
3. Sinner 7:31
4. The Ripper 2:44
5. The Green Manalishi (With the Two Pronged Crown) 3:16
6. Diamonds and Rust 3:30
7. Victim of Changes 7:12
8. Genocide 7:19
9. Tyrant 4:32
Bonus
10. Rock Forever 3:27
11. Delivering the Goods 4:07
12. Hell Bent for Leather 2:40
13. Starbreaker 6:00

Rob Halford - vocals
K. K. Downing - guitar
Glenn Tipton - guitar
Ian Hill - bass guitar
Les Binks - drums


mardi 11 avril 2017

à la demande générale.... Tout Alain ! (re-up)

Où le Zornophage revient sur la longue et fructueuse carrière d'un cher disparu manquant un peu plus que les autres... Enjoie l’œuvre !, pleure le disparu.


Alain Bashung "A Perte de Vue" (2009)
ou "...(Presque) Tout Bashung"

Sept petites années après une première, Les Hauts de Bashung, A Perte de Vue est la seconde intégrale d'Alain Bashung, un bon gros coffret sorti en (vraie) édition limitée et donc collector aujourd'hui qui n'est pas, cependant, sans tort et sans reproche...
Et, donc, commençons par qui fâche, ce qu'on peut regretter qu'un aussi monumental projet ait oublié : les pochettes autrement que via de ridicules vignettes, un texte pour présenter l'artiste, les différents aspects de son œuvre et ce qui est présentement proposé (tout, ou presque, ça fait du matos), les notes de pochettes d'origine et donc de la liste des musiciens impliqués et, mais là c'est pour une raison de calendrier, la version de l'Homme à la Tête de Chou version Alain sorti posthumément en 2011.
Vous le constaterez, les critiques sont surtout formelles parce que la musique, elle, pas toujours essentielle puisque commençant aux débuts hésitants d'un jeune artiste qui cherchait autant sa voix que sa voie, est là, au rendez-vous pour démontrer à quel point Bashung (et Boris Bergman, l'essentiel parolier qu'on n'oublie évidemment pas) fut un monstre d'une chanson française en pleine (r)évolution. Parce que loin des Carpentier, loin des paillettes d'une variétoche seventies souvent totalement indigeste, Bashung est de ces francs-tireurs, on pensera également à Higelin, Lavilliers ou Thiéfaine (dont il est de la même génération), de ces artistes tardivement adoubés par l'intelligentsia de l'industrie du disque mais tout de même encore trop à la marge pour se glisser chez, au hasard, les Enfoirés. Parce que Bashung a certes eu des tubes (Vertiges de l'Amour, Gaby, Osez Joséphine, Ma Petite Entreprise les plus écrasants d'iceux) mais c'est surtout imposé comme un artiste d'album qui, d'une new wave revisitée à une chanson rock arty, a tracé un chemin unique dans le paysage musical français.
Comme vous le savez sans doute, de l'avis général, cette démarche artistique culmine sur l'immense Fantaisie Militaire mais, franchement, tout chez Bashung de 1981, avec un Pizza enfin au diapason de ses ambitions, à sa prématurée disparition, couronnée d'un très réussi Bleu Pétrole, mérite qu'on s'y penche. Et donc les moult inédits, collaborations, versions alternatives qui foisonnent dans les deux cds d'instrumentaux et les trois de raretés que propose généreusement le package, où ne sont évidemment pas oubliés les cinq lives qui expliquent à ceux qui n'ont pas vu l'homme en action scénique, que sa réputation ne tint pas d'une coquetterie intellectuelle de médias élitistes mais bien d'un vrai gros boulot sur les routes comme dans les studios.
Bref, comme il n'est pas la calamité logistique que certain décrivirent (les belles photos glacées ne sont pas pour rien dans la satisfaction fétichiste de posséder l'objet), et, surtout !, comme il offre une passionnante aventure musicale, A Perte de Vue vous est chaudement recommandé, si vous arrivez à mettre la main dessus !



CD 1
Roman-Photos 
1. Roman Photos 2:43
2. L'Amour C'Est Pas Confortable 3:33
3. Blablas 2:59
4. Le Pianiste De L'Eden 3:15
5. C'Est La Faute A Dylan 3:43
6. Kimono 4:59
7. Te Revoir 3:44
8. Y'A Des Jours 3:31
9. Cendrillon De Chinatown 4:43

CD 2
Roulette Russe 
1. Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois 4:15
2. Station Service 3:19
3. Elsass Blues 3:19
4. Y'A Un Yeti 2:38
5. Guru, Tu Es Mon Führer De Vivre 3:07
6. Milliards De Nuit Dans Le Frigo 2:47
7. Pas Question Que J'Perde Le Feeling 3:55
8. Bijou Bijou 4:07
9. Les Petits Enfants 1:12
10. Toujours Sur La Ligne Blanche 4:39
11. Squeezé 3:30

CD 3
Pizza 
1. Ca Cache Quekchose 2:49
2. L'Araignée 2:49
3. J'Sors Avec Ma Frangine 2:47
4. Aficionado 2:36
5. Idylle Au Caire 2:44
6. Privé 3:04
7. Vertige De L'Amour 3:19
8. Rebel 3:55
9. Retour 2:13
10. Reviens Va-T-En 3:11
11. Fan 4:16
12. Elle S'Fait Rougir Toute Seule 3:08
13. Gaby Oh Gaby 3:57

CD 4
Play Blessures 
1. C'Est Comment Qu'On Freine 3:15
2. Scènes De Manager 3:47
3. Volontaire 4:05
4. Prise Femelle 1:07
5. Martine Boude 3:44
6. La Vabo 3:17
7. J'Envisage 4:35
8. J'Croise Aux Hébrides 4:50
9. Junge Männer 2:29
10. Trompe D'Erection 3:16
11. Strip Now 4:37
12. Bistouri Scalpel 4:18
13. Procession 14:48

CD 5
Figure Imposée 
1. What's In A Bird? 3:22
2. Horoscope 2:54
3. Imbécile 6:27
4. Hi ! 3:07
5. Chaque Nuit Bébé 3:32
6. Elégance 4:44
7. Poisson D'Avril 2:54
8. Lou Ravi 3:34
9. Week-end Doux 2:25
10. Nuits Halloween 2:45

CD 6
Passé Le Rio Grande 
1. Helvète Underground 3:39
2. Camping Jazz 3:46
3. Dean Martin 4:19
4. Douane Eddy 3:11
5. Malédiction 3:38
6. L'Arrivée Du Tour 4:01
7. Herr Major 3:29
8. Milady 3:12
9. Rognons 1515 3:54
10. Chat 2:40
11. S.O.S.Amor 4:04
12. Tu Touches Pas A Mon Pote 4:12
13. Les Européennes 4:11

CD 7
Novice 
1. Pyromanes  3:57
2. Résidences 3:34
3. Légère Eclaircie 4:20
4. Alcaline 5:00
5. Tu M'As Jeté 4:31
6. Elle Fait L'Avion 4:47
7. Bombez ! 3:02
8. Intrépide Malgré La Fièvre 4:01
9. Etrange Eté 3:33
10. Outrage 0:36
11. By Proxy 3:50

CD 8
Osez Joséphine 
1. J'Ecume 3:43
2. Volutes 3:25
3. Happe 3:05
4. Well All Right 2:09
5. Les Grands Voyageurs 4:47
6. Blue Eyes Crying In The Rain 2:13
7. Osez Joséphine 2:59
8. Kalabougie 3:24
9. She Belongs To Me 4:09
10. Madame Rêve 4:50
11. Bashung Nights In White Satin 4:49

CD 9
Chatterton 
1. A Perte De Vue 5:07 
2. Que N'Ai-Je 3:56
3. Ma Petite Entreprise 4:12
4. Elvire 4:20
5. Un Ane Plane 3:56
6. Après D'Apres Hostilités 4:25
7. J'Avais Un Pense-bête 3:26
8. J'Passe Pour Une Caravane 3:42
9. Danse D'Ici 4:05
10. A Ostende 4:03
11. L'Apiculteur 4:38
12. J'Ai Longtemps Contemplé 3:57

CD 10
Fantaisie Militaire 
1. Malaxe 4:33
2. La Nuit Je Mens 4:24
3. Fantaisie Militaire 4:47
4. 2043 3:46
5. Mes Prisons 4:09
6. Ode A La Vie 4:18
7. Dehors 3:31
8. Samuel Hall 5:06
9. Aucun Express 4:05
10. Au Pavillon Des Lauriers 4:44
11. Sommes-Nous 3:59
12. Angora 2:06

CD 11
L'Imprudence 
1. Tel 5:10
2. Faites Monter 4:24
3. Je Me Dore 5:07
4. Mes Bras 7:47
5. La Ficelle 4:38
6. Noir De Monde 4:22
7. L'Irréel 3:37
8. Jamais D'Autre Que Toi 2:00
9. Est-Ce Aimer 3:59
10. Le Dimanche A Tchernobyl 5:47
11. Dans La Foulée 5:26
12. Faisons Envie 3:49
13. L'Imprudence 9:39

CD 12
Chloé Mons & Alain Bashung
Cantique Des Cantiques 
1. Cantiques Des Cantiques 26:58

CD 13
Chloé Mons, Alain Bashung & Rodolphe Burger
La Ballade De Calamity Jane 
1. Introduction 0:37
2. Saddle In The Wind 1:55
3. Lecture 2:20
4. I'll See Your Eyes Again 1:14
5. Lecture 7:38
6. Bill And Jane 1:48
7. Lecture 6:21
8. See You Later 1:21
9. Lecture 2:39
10. Sad And Free 1:54
11. Lecture 3:41
12. By The River 2:31
13. Lecture 2:26
14. Old And Queer 2:12
15. Lecture 1:01
16. To Bill 4:01

CD 14
Bleu Pétrole 
1. Je T'Ai Manqué 3:41
2. Résidents De La République 3:21
3. Tant De Nuits 4:17
4. Hier A Sousse 3:56
5. Vénus 4:19
6. Comme Un Légo 9:06
7. Sur Un Trapèze 3:48
8. Je Tuerai La Pianiste 6:13
9. Suzanne 4:09
10. Le Secret Des Banquises 3:37
11. Il Voyage En Solitaire 4:04
 
CD 15
Instrumentaux Vol. 1 
1. Climax 4 4:20
2. La Peur Des Mots 2:37
3. No Tonight Joséphine 3:13
4. White Spirit 4:23
5. La Coupole 1:14
6. Scènes De Manager 3:50
7. Touche Ether 2:14
8. Toile Emeri 3:30
9. Flash Limonade 3:20
10. Art Pégiator 5:21
11. Voyage A Honfleur 3:03
12. Madame Rêve 4:51
13. Métamorphose 4:57
14. Climax 3 4:22
15. Sonnet Pour Hélène 0:52

CD 16
Instrumentaux Vol. 2 
1. Que N'Ai-Je 6:24
2. A Perte De Vue 5:06
3. Elvire 4:34
4. Après D'Apres Hostilités 5:37
5. Danse D'Ici 6:11
6. J'Ai Longtemps Contemplé 3:49
7. Un Dimanche A Tchernobyl 5:48
8. L'Irréel 3:39
9. Faites Monter 4:24
10. Hier A Sousse 3:55
11. Le Secret Des Banquises 3:33
12. Vénus 4:19
13. Sonnet  0:57

CD 17
Live Tour 85 
1. Imbécile 5:09
2. Martine Boude 3:10
3. Toujours Sur La Ligne Blanche 6:09
4. Vertige De L'Amour 3:17
5. S.O.S. Amor 3:42
6. What's In A Bird 3:53
7. Bijou Bijou 5:56
8. Gaby Oh Gaby 5:02
9. Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois 6:17
10. Les Petits Enfants 1:04
11. Junge Männer 9:19
12. Volontaire 4:02
13. Fan 4:09
14. Ca Cache Quekchose 3:38

CD 18
Tour Novice 
1. Outrage 1:54
2. Pyromanes 3:15
3. Légère Eclaircie 3:47
4. Elle Fait L'Avion 4:41
5. Bombez ! 3:59
6. Privé 4:31
7. Trompé D'Erection 2:12
8. J'Envisage 5:38
9. Scènes De Manager 4:55
10. Rebel 4:20
11. Alcaline 4:57
12. Imbécile 3:30
13. Lavabo 2:54
14. Reviens, Va-T-En 3:10
15. Douane Eddy 2:50
16. C'Est Comment Qu'On Freine 2:58
17. Les Européeenes 3:46
18. Chat 2:48

CD 19
Confessions Publiques CD 1 
1. Les Grands Voyageurs 4:14
2. Un Ane Plane 3:24
3. A Ostende 4:26
4. Elvire 4:55
5. J'Ecume 3:50
6. Osez Joséphine 3:25
7. A Perte De Vue 5:07
8. Etrange Eté 4:28
9. Les Lendemains Qui Tuent 2:34
10. J'Avais Un Pense Bête 4:52
11. Les Petits Enfants 0:49
12. Martine Boude 4:21
13. Bombez 3:10
14. L'Apiculteur 7:47

CD 20
Confessions Publiques CD 2 
1. Volutes 3:40
2. Danse D'Ici 4:44
3. Après D'Apres Hostilités 4:14
4. Vertige De L'Amour 3:00
5. Ma Petite Entreprise 4:04
6. Madame Rêve 5:13
7. Happe 3:08
8. J'Passe Pour Une Caravane 3:26
9. Gaby Oh Gaby 3:55
10. Rebel 4:10
11. Toujours Sur La Ligne Blanche 4:48
12. Bijou Bijou 5:54

CD 21
La Tournée Des Grands Espaces CD 1 
1. Tel 5:03
2. Je Me Dore 4:22
3. Faites Monter 4:28
4. La Nuit Je Mens 4:44
5. Sommes-Nous 3:40
6. Aucun Express 4:42
7. Le Dimanche A Tchernobyl 4:11
8. L'Irréel 3:12
9. Mes Prisons 3:44
10. Fantaisie Militaire 4:53
11. Volontaire 3:00
12. Etrange Eté 3:30
13. Légère Eclaircie 3:39
14. Bombez ! 3:08
15. What's In A Bird 3:58
16. Mes Bras 6:39

CD 22
La Tournée Des Grands Espaces CD 2 
1. Elvire 4:51
2. J'Passe Pour Une Caravane 3:50
3. Osez Joséphine 3:09
4. Les Grands Voyageurs 3:52
5. Samuel Hall 5:50
6. Vertige De L'Amour 3:21
7. 2043 3:44
8. Faisons Envie 3:42
9. (En Duo Avec Chloé Mons) Cantique Des Cantiques 7:35
10. Madame Rêve 5:11
11. Ma Petite Entreprise 4:09
12. Martine Boude 5:22
13. Bijou Bijou 6:29
14. Angora 2:26
15. Malaxe 6:51

CD 23
Dimanches A L'Elysée CD 1 
1. Comme Un Légo 9:44
2. Je T'Ai Manqué 3:40
3. Hier A Sousse 3:39
4. Volontaire 2:58
5. Mes Prisons 3:42
6. Samuel Hall 5:50
7. Vénus 4:01
8. La Nuit Je Mens 4:55
9. Je Tuerai La Pianiste 4:42
10. Légère Eclaircie 5:18
11. Mes Bras 5:32

CD 24
Dimanches A L'Elysée CD 2 
1. A Perte De Vue 7:04
2. Happe 3:24
3. J'Passe Pour Une Caravane 3:54
4. Everybody's Talkin' 3:14
5. Osez Joséphine 3:56
6. Fantaisie Militaire 5:51
7. Madame Rêve 6:46
8. To Bill 4:36
9. Vertige De L'Amour 3:24
10. Malaxe 8:30
11. Angora 2:52
12. Nights In White Satin 4:25 

PS: Toute la vidéo ICI 

CD 25
Documents Duos Raretés Vol. 1 
1. Kalabougie (Version Kalabougé) 7:35
2. Les Lendemains Qui Tuent 2:24
3. (Avec Françoise Hardy) Que Reste-T'Il De Nos Amours ? 4:18
4. Inside Dope 3:37
5. Avec Le Temps 6:01
6. (Avec Rodolphe Burger) Samuel Hall 5:27
7. (Avec Daniel Darc) L.U.V. 5:13
8. Elégance (Version Divan) 5:03
9. Beaujolais Novö 3:16
10. Spiele Mich An Die Wand 4:44
11. Bombez ! 3:03
12. Lavabo (Live) 3:37
13. (Avec Dionysos) La Panique Mécanique 4:07
14. Feu 3:20
15. Stille Nacht 3:51
16. Silence Mes Anges 4:39
17. (Avec Zend Avesta) Mortel Battement/Nocturne 6:04

CD 26
Documents Duos Raretés Vol. 2 
1. (Avec Jean-Paul Roy & Marc Ribot) A Ostende 4:46
2. L'Eau Et Le Vin 4:14
3. (Avec Marc Ribot) Les Grands Voyageurs 3:19
4. Le Sud 4:48
5. Les Mots Bleus 5:08
6. (Avec Arman Méliès) Ivres 3:54
7. (Avec Rachid Taha) Ode A La Vie 4:37
8. (Avec Brigitte Fontaine) City 3:21
9. Tue-Moi, Je Te Couvrirai 3:04
10. (Avec Aston Villa) Slow Food 2:47
11. (Avec Noir Désir) Volontaire 3:22
12. (Avec M*) What's In A Bird 3:45
13. Chanson Du Loup 2:24
14. Animal On Est Mal 3:50
15. Le Tango Funèbre 4:15
16. Céline 4:07
17. Les Amants D'Un Jour 3:23
18. Bruxelles 2:41
19. Sur Un Trapèze (Live Acoustique) 3:15
20. Je T'Ai Manqué (Live Acoustique) 3:15
21. Résidents De La République (Live Acoustique) 3:14

CD 27
Documents Duos Raretés Vol. 3 
1. La Nuit Je Mens (Archive) 4:26
2. Dehors (Live Studio) 4:46
3. Max Amphibie 2:56
4. Hier A Sousse (Version Alternative) 3:33
5. That's All Right Mama 1:47
6. Station-service (Live) 2:38
7. Hey Joe (Live Studio) 4:56
8. Cadillac (Maquettes) 2:43
9. La Foule Est Beautiful (Inédit - Archive) 5:04
10. Osez Joséphine (Archive) 6:10
11. Ma Petite Entreprise (Archive) 4:53
12. J'Braconne (Inédit - Archive) 4:08
13. La Fille De La Maison Des Dunes (Inédit) 3:54
14. Angora Irréel 6:10
15. Malaxe (Archive) 4:17
16. Comme Un Légo (Archive) 8:46


BONUS
Alain Bashung "L'Homme à la Tête de Chou" (2011)
ou "Hommage"

Avec des modifications mineures à l'œuvre originale, Bashung reprend l'intégralité du grand classique de Gainsbourg de 1976 : L'Homme à la Tête de Chou. Quand aux circonstances de cet enregistrement, je ne sais rien. Sa sortie posthume m'a, je dois l'avouer, cueilli. Mais, à vrai dire, on se fout des circonstances, l'important est ailleurs. En l'occurrence dans l'interprétation qui, pour être réussie, n'en demeure pas moins trop fidèle pour réellement se démarquer, malgré de mineurs changements apportés aux arrangements. Il n'y a, ici, quasi-rien qui permette de considérer cette version comme autre chose qu'une relecture appliquée (presque scolaire) de son modèle. Le résultat n'est pas désagréable, loin s'en faut, et tournera probablement régulièrement sur les platines de ceux qui l'auront acheté, on eût simplement espéré une approche radicale, plus déviante... C'est donc un album agréable, troussé par une bande de musiciens révérends et talentueux où Bashung (comme un poisson dans l'eau) n'a qu'à poser sa voix (ce qu'il fait avec succès).

1. L'Homme à tête de chou 2:42
2. Chez Max coiffeur pour hommes 1:12
3. Marilou Reggae 2:36
4. Transit à Marilou 1:32
5. Flash Forward 2:18
6. Aéroplanes 2:09
7. Premiers symptômes 2:25
8. Ma Lou Marilou 3:06
9. Variations sur Marilou 8:59
10. Meurtre à l'extincteur 3:16
11. Marilou sous la neige 2:38
12. Lunatic Asylum 3:21

Interprétation : Alain Bashung
Orchestration, arrangements : Denis Clavaizolle
Claviers, piano, programmations, guitares, basses : Denis Clavaizolle
Programmations : Jean Lamoot
Trompette : Erik Truffaz
Guitare : Frédéric Havet
Percussions : Pierre Valéry Lobé et Mamadou Koné
Batterie : Yann Clavaizolle
Violon : Aurélie Chenille
Violoncelle : Guillaume Bongiraud
Chœurs : Morgane Imbeaud